Stores
“- Je voulais vous demander : j’ai eu une idée d’article mais j’hésite à vous la soumettre. - Dites toujours, j’ai chaud, là, je vais finir par… Par…
- Par quoi?
- Par aller boire un café.
- Contrôlez vous, quelqu’un pourrait nous entendre. – Certes, la boucle de ma ceinture est un peu bruyante…
- Que fait votre main sur mes fesses?
- Délicieusement charnues soit dit en passant…
- Soyons sérieux. Vous êtes mon patron. Bien que fort séduisant…
- Je ne suis que votre tuteur de stage, et vous savez bien qu’un tuteur…
- Le stage finira bien par prendre fin un jour. Nous sommes d’accord. Mais en attendant, je suis toujours sous vos ordres… enfin non, votre responsabilité.
- Oui ? et qu’attendez vous de moi ? J’aime beaucoup le tissu de votre jupe. c’est de la laine ?”
Elle retire délicatement, mais fermement sa main. Son cœur s’emballe. Elle peine à se maitriser. Mais finit par articuler: “- Restons professionnels, s’il vous plait.“
Il lui fait un peu trop d’effet pour que ses propos reflètent ses pensées. Elle reprend sa respiration, laissant transparaiîre un corsage d’ailleurs généreux derrière la veste de son tailleur austère. Ses yeux à lui sont fixés sur ses seins, sur le léger renflement de son téton que ne dissimule ni son chemisier, ni son soutien-gorge. Elle aurait du y penser. Cette situation achève de la déstabiliser… Le moindre mouvement et elle cède.
Elle tente de s’éclaircir la voix: “- Monsieur… Enfin. Vous… Enfin, nous… devions aussi parler de l’article sur le spa.
- Le spa, oui ?“
Elle pense : “- comment aborder un sujet pareil avec lui ?” Les thermes, la promiscuité des corps, la chaleur, la quasi nudité. Comment rester concentrée… Pourquoi ne pas avoir plutôt pris ce stage dans ce magazine spécialisé en pêche à la mouche? Là au moins, pas de risque d’avoir une envie subite d’être prise sur le bureau par son directeur de stage. Surtout qu’il n’est pas laid dans sa quarantaine, ses tempes poivres et sel et son léger embonpoint. Il a un “je ne sais quoi”… qui l’attire. Son regard, peut-être ? son assurance ? Ce côté pygmalion… Sa façon posée de parler. La manière qu’il a de tout rendre intelligible. Indescriptiblement sexy.
Sa façon d’évoquer le corps des femmes dans le hammam du spa, de commenter avec sensibilité les photographies des modèles prises dans la semaine. Elle en a l’eau à la bouche. Elle voudrait qu’il détaille son corps à elle ; comme il a pu le faire de celui de ces filles. Elle ne sait plus ce qu’elle fait, laisse son bras frêle frôler le bras fort de son directeur, triture le stylo, laisse jouer son petit doigt contre le sien… Elle le sent réagir, à peine, sous la caresse, n’ose le dévisager.
Tout à coup, elle franchit un cap, laisse traîner son genou, le collant contre le pantalon à pince de toile grise… Il attrape sa taille, l’attire à lui, plonge son visage dans son cou, l’embrasse, respire son parfum. Elle lui offre sa gorge, nuque rejetée en arrière. Elle murmure un “non“, pas vraiment convaincant. Vraiment pas. Elle pose ses fesses sur le bureau, se débarrasse de sa veste. Sa peau est douce, diaphane d’un hiver parisien, son menton presque translucide et léger, elle le tient par le rebord de son veston, déserre sa cravate, déboutonne sa chemise, et passe sa main sur son torse, entremêlant ses doigts dans les boucles de sa toison, glissant le long de son ventre. Elle découvre ses flancs,se perd dans son dos…
Pendant ce temps, elle l’embrasse littéralement, pour mieux s’en écarter, le regarder, sa main sur son nombril. Sa gorge est sèche, le désir est à présent à son paroxysme. Elle défait cette boucle de ceinture réticente, dézippe sa fermeture éclair, plonge sa main vers son sexe dur. Un instant, elle se remet debout, le temps de faire glisser collants et boxer de dentelles noires jusqu’à ses pieds. Puis reprend sa place, l’attire tout contre elle, saisit son sexe brûlant et le mène elle même directement à son vagin. Elle est intensément excitée. Lui passablement échauffé.
Il la prend assez facilement, son sexe s’entrouvre sans difficultés. Quelques mouvements de va et vient, ses mains à elles qui agrippent ses fesses. Puis elle se dégage, le fait asseoir, s’assoit sur lui à califourchon, les cuisses sur les accoudoirs en cuir du fauteuil de direction… Il la tient à bout de bras : elle se sent portée, transportée… Son chemisier au tissu fin est dangereusement tendu : un bouton finit par craquer, et rouler sur le tapis. Elle lui passe les mains autour du cou, caresse le lobe de ses oreilles, ses épaules. Il la secoue délicatement, allant et venant dans son ventre, puis, comme au ralenti, il voit son bras se soulever, sa main se porter derrière sa tête, et d’un seul mouvement, libérer un flot de cheveux sur ses épaules.
Ils ne parlent pas, mais se dévorent des yeux. Elle défait lentement, un à un, les boutons de son chemisier blanc, dévoilant des seins lourds et blancs à peine sortis de l’adolescence. Elle prend sa main, l’y pose, la fait glisser sous le soutien gorge. Celui ci, noir, tranche de façon évidente avec sa peau laiteuse, rendant les contours renflés plus précis. Sa main un peu calleuse, sur sa peau blanche, ses bourgeons noirs. Elle aime la force et la fermeté qui vient de cette main, elle aime se sentir contrôlée, prise, sous son emprise…
Son bassin est agité de tremblements incontrôlables, elle imprime un rythme un peu chaotique, à mesure que son plaisir monte. Elle le sent bander encore plus fort en elle, immobile, il est long et fin : elle donne la mesure, s’accroche à son cou pour le chevaucher de plus en plus rapidement, bientôt sauvagement. Cette sensation fugace de ne faire qu’un, d’être remplie au plus intime, c’est délicieux. Elle se mord les lèvres pour ne pas crier. Elle ferme les yeux. Lui, pressent son orgasme. Ses cheveux blonds éclatants dans la lumière du soleil à travers le store. Son ventre est de plus en plus chaud, de plus en plus fluide. Il la force à revenir vers lui, il attrape son visage, l’embrasse, ses deux mains sur ses joues. Sur ses seins, ses hanches maintenant découvertes. Il étouffe ses cris de ses baisers. Il la saisit fermement pour coller son bassin au sien, lui étalon, elle cavalière. Elle n’en peut plus, et finit par jouir. Incontrôlable, fulgurant, explosif. Elle n’est plus qu’une vague de lave : il la rejoint bientôt, saisi de petits spasmes pour une immense jouissance…
Elle le regarde. N’osant réaliser ce qui vient de se passer. Dans ce bureau, elle s’effondre sur lui, engloutissant un peu plus sa queue, un dernier spasme, il est en extase. Confuse d’avoir cédé, si facilement. Mais à quoi aurait servi de résister? Puisque il aurait fallu que ça finisse ainsi, de toutes façons. Elle l’a su immédiatement, ses mains, sa voix, ses yeux. Depuis le premier jour, elle en avait faim. Elle est rassasiée. Jeune, rebelle, ambitieuse et gourmande… Il est repu. Mûr, séduisant, sûr de lui, et conquérant…
Elle se rajuste tant bien que mal, le bouton manquant ne l’aide pas franchement à avoir une tenue correcte. Elle remonte élégamment son boxer de dentelle noire le long de ses cuisses musclées, les collants, réajuste sa jupe, prend le téléphone, ligne directe vers la secrétaire…
“- Mlle de Mesmaeker, le Directeur voudrait un café. Oui… pour deux...”
Elle jette un oeil vers le couloir. Le store est resté ouvert…
par Moïra et Psestos
image trouvée ici









Même en relecture c’est toujours aussi troublant…
Rhoooo Psestos… (non rien
)
Enlève la notion de spa et remplace la par l’hôpital… Tu as mon stage d’il y a deux ans… Un régal tout aussi indécent car interdit…
@Miss E C’est fort intéressant ça… Tu as le droit de nous raconter !
@Sand Comment ça, Rhoooo…
@Millie J’adore te troubler…
je me doutes psestos, je me doutes….;)
Article vibrant et puissant.
On sent l’émotion nous prendre, même si on n’est pas disposé au départ.
C’est… fulgurant !
Fred
Merci… Et je transmets à Moïra qui n’est pas dans les parages.
La puissance de Psestos, et la fulgurance de Moïra sans doute…
Bienvenue Fred